Test d’aptitudes payant pour les apprentis: qui en tire parti ?

Depuis quelque temps, la presse romande s’agite autour d’une « nouvelle » pratique : de plus en plus d’associations professionnelles exigent que les candidats à l’apprentissage se soumettent, à leurs frais, à un test d’aptitudes.
Au-delà de la question du financement, se pose un autre problème : la vision qu’offre une évaluation basée uniquement sur les aptitudes est fortement réductrice. Notre expérience nous montre en effet combien d’échecs sont liés non pas au potentiel intellectuel des candidats, mais plutôt à des motivations partielles ou peu cohérentes, ou encore à des attitudes ne correspondant pas aux exigences de la profession choisie.

Les employeurs ont aujourd’hui la possibilité de s’appuyer sur des professionnels de la psychologie du travail à même d’objectiver ces différentes dimensions, avec le concours d’outils appropriés et de techniques d’entretien spécifiques. Leurs connaissances actualisées des différentes professions et du marché du travail leur permettent d’appréhender le processus de sélection dans sa globalité.

L’évaluation des aptitudes, des motivations et de la personnalité devrait conduire chaque candidat à se conforter dans la voie choisie ou à envisager sereinement une orientation différente, lui correspondant mieux. Elle doit permettre aux entreprises formatrices de choisir les candidats les plus prometteurs, soucieux de s’adapter aux contextes et valeurs spécifiques de la société qui les engage.

Une sélection complète, effectuée par un spécialiste, a donc un prix ; cependant, ce dernier est certainement plus faible que les coûts engendrés par un mauvais recrutement. En cas d’échecs ou d’abandons, les effets sur l’estime de soi des apprentis, le temps, l’énergie et l’argent perdus, tant par les jeunes que par les patrons, ne sont en effet plus chiffrables. Pourquoi cet investissement-là n’est-il pas au cœur des débats d’aujourd’hui ?